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Joel Berenguer Moncada
Le 26 mai 2020
[Retour d'expérience] Grand débat : initiatives à Nancy et à la MEL

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[Retour d'expérience] Grand débat : initiatives à Nancy et à la MEL

Le Grand débat national : le « in » et le « off » (IV)

Le « off » à Nancy et à la Métropole Européenne de Lille

La Journée de la civic tech et de l’engagement citoyen, organisée par Décider Ensemble au CESE le 18 mars 2019, en lien avec la conférence internationale TICTeC 2019, a été l’occasion pour les acteurs français de la civic tech et de la participation citoyenne de se retrouver pour collectivement dresser un état des lieux du contexte français. Alors que le Grand Débat National touchait à sa fin, c’était le moment de réaliser un premier bilan de cette expérimentation et de ses déclinaisons dans les territoires. Nous avons consacré une première série d’articles au dispositif institutionnel du Grand débat national, présenté par les acteurs qui y ont participé. Vous pouvez retrouver ces articles ici : Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV. La deuxième table-ronde de la journée s’intitulait « Autour du Grand débat : la place des civic tech » et a vu intervenir Claire Legros, Yvan Lubraneski, Julie de Pimodan, et Valentin Chaput. Cet article est le dernier d’une série de blogs qui présentent les interventions de cette table-ronde.  Retrouvez les autres articles ici : Partie I, Partie II, Partie III.

Nous avons vu dans les articles précédents comment les intervenants et intervenantes ont abordé les limites du Grand débat officiel, les questions que posait la réalisation de la synthèse, et une initiative locale présentée par l’AMRF et Fluicity. Les initiatives du « off » du Grand débat étaient nombreuses, et ont pu apporter des compléments intéressants à la fois en termes de méthode (utilisation d’autres types d’outils et de fonctionnalités de contribution) et en termes de publics impliqués (échelle locale, ciblage des jeunes via Facebook, etc).

Lors de la table-ronde, Valentin Chaput, co-fondateur de la civic tech Open Source Politics (OSP), a présenté comment l’entreprise a été sollicitée par certains de ses clients pour participer autrement au dispositif du Grand débat national. OSP accompagne en effet des institutions, des organisations publiques et privées dans la mise en œuvre de plateformes de participation numérique : ce sont ces collaborations existantes qui ont permis de mettre en place rapidement des dispositifs dédiés au moment du Grand débat. Les collectivités territoriales ont en effet exprimé le souhait de tester des modalités de participation différentes de celles qui étaient proposées par la plateforme officielle, en profitant de plateformes et de bases d’utilisateurs existantes.

Toutes les collectivités n’ont pas souhaité réaliser leur propre version du « Grand Débat » : la mairie d’Angers a estimé que les communes n’avaient pas de marge de manœuvre sur les décisions prises au niveau national, laissant donc les citoyens s’exprimer via la plateforme officielle. La mairie de Nanterre a réalisé un test expérimental, mais les élus ont préféré éviter le risque d’entrer en contradiction avec la plateforme officielle.

Cependant, la Mairie de Nancy et la Métropole Européenne de Lille (MEL) ont décidé ouvrir un espace de concertation nationale sur la plateforme qu’elles utilisaient déjà. Selon Valentin Chaput, cette plateforme, Decidim, avait été choisie car il s’agit d’une plateforme open source, et elle présentait dans ce contexte une transparence supplémentaire par rapport à l’outil déployé par le gouvernement. De plus, la plateforme présentait des modalités de contribution beaucoup plus flexibles : débats libres sous forme de forum, consultations plus ou moins encadrées, appels à contributions et propositions totalement libres. Selon Valentin Chaput, l’initiative a donné des résultats innovants, avec des débats modérés par les participants eux-mêmes, et des discussions qui ont porté sur des sujets qui avaient été volontairement exclus du Grand débat officiel.

Si les chiffres de participation « ne sont pas extraordinaires », le vrai « objectif politique et méthodologique » de la démarche a été accompli : il s’agissait « d’affirmer que d’autres manières de débattre existaient, notamment sur les outils numériques ». Cela a aussi permis de faire la promotion des plateformes existantes : par exemple, l’initiative Grand Débat de la MEL a amené quelques centaines d’inscrits de plus, mais ces citoyens ont ensuite contribué à d’autres concertations sur le domaine de compétences de la collectivité.

Les contributions récoltées par les deux plateformes (Nancy et MEL) ont été extraites par les collectivités et reversées sur la plateforme du Grand Débat National. La MEL a également publié ces données sur son portail d’open data métropolitain. Valentin Chaput a souligné l’importance de cette restitution à la fois pour la transparence du dispositif, et car cela permet une réutilisation de ces données, une analyse par des chercheurs ou des entreprises sollicitées pour cela. Julie de Pimodan (Fluicity) avait également abordé l’importance de la restitution, qui assure la confiance des citoyens dans l’outil et la démarche : « notre obsession en fait est de restituer aux citoyens les résultats de tout ce qu’on récolte, aussi parce qu’on souhaite qu’un jour ils reviennent pour participer aux différents espaces participatifs ».

Malgré les avantages de Decidim en termes de transparence, de flexibilité et de mutualisation, Valentin Chaput a conclu en constatant que les plateformes « ne sont pas l’alpha et l’oméga de la participation », mais des outils qui s’ajoutent aux dispositifs de participation en présence afin d’y intégrer d’autres publics et en renforcer la représentativité. « Il y a eu à peu près 30% des visiteurs du site du Grand Débat qui avaient moins de trente-cinq ans, évidemment c’est mieux que dans la plupart des réunions publiques organisées en France ». Il a ainsi souligné l’importance d’« organiser des temps avec des types de public différents, avec des modalités qui s’adaptent ». Multiplier les formats permettrait d’obtenir une image plus exhaustive des attentes et idées, et demande ensuite une restitution claire.

En guise de conclusion, les intervenants et intervenantes de la table-ronde ont rappelé que si le dispositif officiel du Grand débat national avait de fortes limites en termes de temps accordé à la démarche et de représentativité des contributions, c’est aussi car cette approche nationale n’avait pas tenu compte des enseignements des initiatives locales et de l’expérience des collectivités locales, déjà expérimentées en termes de participation numérique. L’importance d’espaces locaux de participation, numériques ou en présence, a été soulignée pour attirer les citoyens sur une variété de sujets qui peuvent les intéresser, les impliquer de manière plus pérenne, et faciliter un fonctionnement démocratique « bottom-up ».

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